Tout savoir sur la crémation

Les obsèques peuvent prendre deux formes : l’inhumation (enterrement du corps du défunt), et la crémation. La crémation consiste à brûler le corps du défunt et son cercueil dans un four spécialement aménagé à cet effet. Elle se déroule dans un crématorium.

On préfère aujourd’hui le terme de « crémation » à celui d’ « incinération », qui est davantage utilisé pour les déchets.

Pourquoi choisir la crémation ? Est-elle compatible avec toutes les religions ? Concrètement, comment se déroule l’incinération ? Quel est le prix d’une crémation ? Que deviennent les cendres ? Laissez-vous guider, pour trouver des réponses claires et précises à toutes vos questions sur la crémation.

Pourquoi choisir la crémation ?

Brûler les corps des défunts est une pratique très ancienne, qui remonte à l’âge de bronze. Mais elle n’est autorisée en France que depuis 1887. C’est le cimetière du Père Lachaise, à Paris qui a accueilli le premier crématorium. Si ce mode de funérailles est assez nouveau en France, il devient de plus en plus courant.

Il est fréquent que le défunt ait précisé avant de mourir le mode de funérailles qu’il souhaitait, oralement ou par écrit, dans un testament ou dans un contrat de prévoyance obsèques. Dans le cas contraire, c’est la famille qui doit choisir entre inhumation ou crémation.

La crémation pour éviter la décomposition du corps.

Il est difficile d’imaginer son propre corps ou le corps d’un proche en décomposition sous la terre. La crémation offre une alternative, puisque c’est le corps intact du défunt qui est brûlé de manière intégrale et quasi-immédiate. Cet argument psychologique est l’un des intérêts majeurs de la crémation, qui incite de plus en plus de personnes à y recourir.

La crémation est-elle plus écologique ?

Aucune étude n’a été établie pour comparer l’impact de la crémation ou de l’inhumation sur l’environnement.

Le fonctionnement du four crématoire nécessite une grande quantité de gaz. Mais à l’inverse, des filtres à particules polluantes évitent la dispersion des particules dans l’atmosphère.

La crémation est-elle moins chère ?

Les prix d’une crémation varient selon différents paramètres, tels que le crématorium, le choix du cercueil ou le devenir des cendres funéraires. Comptez en moyenne entre 2 500 € et 4 500 € en province, et jusqu’à 6 000 € en région parisienne.

Le devis fourni par l’entreprise de pompes funèbres comportera plusieurs postes, et notamment : formalités, préparation du corps, cercueils et accessoires, transport, Maître de cérémonie, présentation du défunt, crémation, taxes et redevances, publication de l’avis de décès, éventuellement inhumation des cendres.

Un cercueil destiné à être brûlé coûte moins cher qu’un cercueil pour une inhumation. En effet, l’épaisseur exigée par la loi est moindre (18 millimètres contre 22 millimètres), le matériau est moins onéreux (souvent du pin), et les ornements sont inexistants ou peu nombreux.

Une crémation sera en général moins chère qu’une inhumation en cas de dispersion des cendres. Mais il en sera autrement en cas d’inhumation des cendres dans un caveau ou de scellement sur un monument cinéraire, qui engendre des frais d’ouverture d’une concession, et l’achat d’un monument funéraire.

La crémation est-elle compatible avec la religion ?

Une loi de 1887 a posé en France le principe de la liberté de choix des funérailles pour les majeurs. Il n’en demeure pas moins que pour les croyants, le choix entre crémation et incinération dépend encore largement de leur religion :

  • La crémation a été promue au XIXème siècle par les protestants et les francs-maçons.

Les pasteurs peuvent d’ailleurs officier la cérémonie au crématorium.

  • L’islam, la religion orthodoxe et le judaïsme refusent l’incinération des corps.
  • Bien qu’ils privilégient l’inhumation, les catholiques acceptent depuis 1963 la crémation. La cérémonie à l’église se fait alors en présence du cercueil (et non en présence de l’urne).
  • L’incinération est très présente dans les cultes asiatiques, comme l’indouisme.

Quelles sont formalités pour une crémation ?

Comme pour une inhumation, la crémation doit se dérouler au minimum 24 heures et au maximum 6 jours ouvrables après le décès ou après le transfert du corps en métropole (sauf dérogations accordées par le Préfet).

L’autorisation de crémation

Une crémation nécessite en premier lieu l’accord de la famille. Les choses sont simples si le défunt a exprimé son souhait avant son décès, par exemple dans un contrat d’assurance obsèques. Dans le cas contraire et en cas de discorde, le juge du tribunal judiciaire du lieu du décès peut être saisi, et a l’obligation de se prononcer dans les 24 heures.

Une fois la décision prise, contactez une entreprise de pompes funèbres qui vous guidera et effectuera les démarches pour vous. Le choix de la société funéraire est libre, vous trouverez une liste des établissements habilités auprès de la mairie ou des établissements de santé.

Il faut ensuite adresser au maire de la commune du décès (ou du lieu de repos du corps et de fermeture du cercueil) :

  • Une demande de crémation datée et signée de la personne qui s’occupe des funérailles (ou l’expression écrite des dernières volontés du défunt) ;
  • Un acte de décès ;
  • Le certificat médical de non-contrindication à la crémation, certifiant notamment de l’absence de prothèse cardiaque à piles (ou joignant un certificat de retrait de pacemaker).

Le maire établira alors une autorisation de crémation.

Un cercueil compatible avec la crémation

En France, le défunt est obligatoirement placé dans un cercueil (un simple drap ou un linceul ne sont pas autorisés).

Pour une crémation, le cercueil est en général fabriqué dans un bois tendre, voire en carton (pour faciliter la combustion). Ses poignées sont démontables si elles ne sont pas fabriquées dans un matériau combustible.

Seules des fleurs coupées ou séchées seront disposées sur le cercueil (car les compositions piquées sur du polystyrène ou de la mousse ne brûlent pas). Par contre, il est possible de prévoir des petites compositions florales qui accompagneront l’urne jusqu’au cimetière.

Bon à savoir : dans certains cas (maladie contagieuse, transport international, …), un cercueil hermétique est exigé. Il est alors en zinc, ce qui rend impossible la crémation.

Pour une crémation, la fermeture définitive du cercueil se fait en présence d’un officier de police ou d’un représentant de la commune, qui pose des scellés (un cachet de cire sur les vis).

Comment se déroule une crémation ?

L’incinération a lieu dans un crématorium, quel qu’il soit (en général le plus proche du lieu d’habitation du défunt).

La cérémonie d’adieu au défunt

Il est possible d’organiser une cérémonie dans un lieu de culte ou une salle communale avant la crémation.

Si ce n’est pas le cas, le crématorium propose une salle de cérémonie. Un maitre de cérémonie (laïc ou non) dirige l’hommage rendu au défunt, qui peut comporter la lecture de textes, l’écoute de musiques, des chants, des prières ou des moments de silence par exemple. Cet hommage peut durer de 30 minutes à une heure environ.

La crémation : comment ça se passe ?

Après la cérémonie, l’assemblée est invitée à sortir. Le cercueil est alors emmené dans la salle du four crématoire.

Les proches peuvent voir la mise à la flamme du cercueil, soit par l’intermédiaire d’un écran, soit par une vitre qui donne sur la salle crématoire. Seule la mise dans le four et la fermeture de la porte sont visibles.

En général, le crématorium prévoit une salle dans laquelle la famille se retrouve durant la crémation, et reçoit les condoléances.

L’incinération dure environ une heure et demie :

  • Le cercueil et les accessoires sont consommés dans le four à plus de 850 ° C.
  • Les restes du défunt (la partie calcaire des os) sont récupérés, et réduits en cendres.

Les cendres broyées sont alors déposées dans une urne. Cette dernière peut être en céramique, en bois, en laiton ou en carton, le choix est fait par la famille, selon la destination des cendres. Son prix varie entre 50 et 250 euros. Une plaque d’identité est fixée sur l’urne, indiquant les nom et prénom du défunt, ses années de naissance et de décès, et le nom du crématorium.

Après l’incinération, le crématorium vous délivrera un certificat de crémation, qui accompagnera l’urne jusqu’à sa destination finale.

 

Après la crémation, que fait-on des cendres ?

Après l’incinération, les cendres funéraires sont recueillies dans une urne qui porte le nom du défunt. Après refroidissement, les cendres sont confiées aux proches.

Le transport éventuel peut être réalisé par l’entreprise de pompes funèbres, ou par la famille elle-même.

Bon à savoir : en cas de transport de l’urne à l’international, contactez l’ambassade concernée, qui peut exiger des formalités particulières.

La loi du 19 décembre 2008 dispose que les cendres doivent être traitées avec respect, décence et dignité. Elle interdit :

  • de séparer les cendres : il n’est donc pas possible de disperser des cendres à deux endroits différents. En effet, depuis cette loi funéraire, les cendres sont considérées juridiquement comme un « corps » ;
  • de les garder dans un logement privé sauf le temps d’organiser leur destination finale. Cette disposition garantit que chacun puisse se recueillir auprès des restes du défunt dans les mêmes conditions.

La famille doit déclarer la destination des cendres funéraires au crématorium. Le choix de la destination des cendres revient à la famille, mais la société de pompes funèbres saura vous conseiller. Si aucune décision n’a été prise un an après le décès, les cendres sont dispersées dans le site cinéraire le plus proche ou dans le cimetière de la commune du lieu du décès.

Le dépôt de l’urne dans une case d’un colombarium

Toutes les communes de plus de 2 000 habitants ont l’obligation de proposer un colombarium. Il s’agit d’un monument cinéraire, construit hors sol, contenant des cases pouvant accueillir une ou plusieurs urnes et fermées par une porte. Sur cette porte, est fixée une plaque gravée des nom et prénom du défunt, de ses années de naissance et décès.

C’est un équipement collectif « multi concessionnel » (il nécessite l’achat d’une concession funéraire), avec plusieurs cases individuelles.

Bon à savoir : il existe aussi des colombariums individuels (avec une seule case), mais toutes les communes n’en proposent pas.

L’inhumation des cendres dans un cimetière

L’urne peut être enterrée en pleine terre ou dans une cavurne (contraction de « caveau » et « urne »).

La cavurne est un monument cinéraire individuel. Il s’agit d’une cuve creusée dans le sol, avec réceptacle en sous-sol et couvercle étanche, recouverte d’une plaque en béton ou en granit. La dalle, personnalisable, peut contenir une plaque gravée.

Cette pratique présente l’avantage de mêler crémation et inhumation.

Le scellement de l’urne sur un monument funéraire

Il est possible de sceller l’urne sur un monument funéraire. L’urne devient un élément fixe de la pierre tombale. Plusieurs urnes peuvent être fixées sur la même pierre.

Cette option permet d’éviter à la famille des frais d’ouverture de caveau. Mais l’urne elle-même doit être fabriquée dans un matériau résistant au temps.

La dispersion des cendres

Les cendres peuvent être dispersées :

  • dans un jardin du souvenir, obligatoire pour les communes de plus de 2000 habitants. Il s’agit d’un espace collectif aménagé à cet effet, disposant d’un dispositif d’inscription de l’identité des défunts ;
  • ou en pleine nature, après déclaration à la mairie du lieu de naissance du défunt. La dispersion ne peut pas être faite sur la voie publique ou dans un lieu public. Elle peut avoir lieu en pleine forêt, en pleine mer (mais pas dans un cours d’eau).

Bon à savoir : la dispersion peut être faite dans un jardin privé avec accès ouvert au public (grâce à une servitude perpétuelle).

Organiser des obsèques par crémation soulève de nombreuses questions. Pour vous soulager et vous rassurer en période de deuil, faites appel à des professionnels : les sociétés de pompes funèbres connaissent les crématoriums, et les démarches à effectuer pour l’organisation pratique des funérailles.