Faire face à la disparition d’un proche est un évènement que tout le monde est amené à vivre dans sa vie. Cette situation n’est pas facile à vivre et nécessite du temps. Chacun vit son deuil différemment et les réactions peuvent être diverses. Mais de manière générale, il existe tout un processus psychologique de 7 étapes que l’entourage endeuillé est amené à traverser, qui correspond à différentes périodes de bouleversement émotionnel et qui mènent petit à petit vers l’acceptation et la sérénité. Découvrez ces étapes du deuil et comment les surmonter pour mieux accepter le décès d’un proche.
Qu’est-ce que le processus du deuil ?
On parle du deuil pour évoquer la mise en place d’un processus psychique lors de la perte définitive de quelqu’un dans sa vie. La personne endeuillée ressent de nombreuses émotions qui peuvent entraîner certains troubles du comportement. Le processus de deuil permet de parvenir à réussir à vivre tout en acceptant cette perte définitive. C’est le psychanalyste Sigmund Freud qui, le premier, introduit la notion de deuil en 1917. Elisabeth Kubler-Ross, psychiatre américaine, dans les années 1960 a identifié et défini les différentes phases par lesquelles l’on doit passer lors de la perte d’un proche dans sa vie.
Quelles sont les 7 étapes du deuil ?
Certains spécialistes évoquent 5 étapes, d’autres 7. Le docteur Elisabeth Kubler-Ross élabore la théorie des 5 phases de deuil auxquelles sont confrontés les proches d’un disparu : le déni, la colère, la négociation, la dépression et l’acceptation. Depuis, ce processus est plus détaillé et 2 autres phases ont été ajoutées pour obtenir 7 étapes de deuil. Ces états, légitimes et normaux, peuvent durer plus ou moins longtemps en fonction de chacun. Elles donnent des repères structurants pour mieux vivre ce processus et se rassurer quant à l’état émotionnel dans lequel se trouve la personne qui vit le deuil. Il n’existe bien sûr pas de règle absolue : en psychologie, chaque être est différent. Ces 7 étapes du deuil sont une proposition de périodes non vécues par tout le monde et dont l’ordre peut différer : ce n’est pas un modèle scientifique, il relève plutôt d’un concept théorique.
Bon à savoir : chez l’enfant qui est moins mature psychologiquement et émotionnellement, il n’existerait que 4 étapes selon les psychologues : la révolte, le déni, la dépression et la réorganisation.
Le choc et le déni
Au début du deuil, le déni est la réaction au choc ressenti à l’annonce de la mort. Le choc est un mécanisme de défense que l’esprit déclenche inconsciemment face à une situation qui semble impossible à gérer. La personne qui doit faire face au décès est submergée d’émotions à l’annonce de la mort de l’être cher. L’émotion est d’autant plus forte lorsque la disparition est brutale ou inattendue (accident ou perte d’un enfant par exemple). L’individu tente de prendre conscience de cette nouvelle réalité et de surmonter le bouleversement ressenti. La première réaction est souvent de refuser de croire à la disparition et ainsi éviter d’une certaine manière d’être trop submergé par les émotions : c’est ce que l’on appelle le déni.
Un certain temps est nécessaire pour assimiler la situation. Pendant cette première étape du deuil, la personne peut être incapable de prendre des décisions, d’exécuter correctement des tâches courantes.
La douleur et la culpabilité
Après cette période, on réalise la réalité de la situation et la douleur se fait ressentir. Durant cette phase un sentiment de culpabilité peut également apparaître. La tristesse ressentie par cette perte pousse fréquemment l’entourage à se sentir coupable de la disparition du défunt, ou de ne pas avoir passé plus de moments avec la personne disparue au cours de sa vie.
La colère
Vient ensuite la colère. Ce sentiment nourri par une sensation d’injustice est normal. La colère dissimule souvent du chagrin ou des peurs non exprimées. La personne qui est en deuil peut, lors de cette étape, changer de caractère et se montrer plus agressive ou désagréable. Elle peut blâmer ses proches, c’est un moyen de diriger sa colère vers quelqu’un d’autre. C’est généralement lors de cette phase qu’elle exprime sa souffrance par des larmes et des cris. Extérioriser le chagrin et la douleur aide à soulager les émotions ressenties.
La négociation
Durant cette phase, pour apaiser la tristesse, la personne négocie avec elle-même pour compenser l’absence laissée par l’être cher. Elle n’accepte pas encore le décès et peut se créer un scénario avec une autre issue, pour atténuer la douleur. Le sentiment d’impuissance face à la mort pousse l’entourage à vouloir changer le destin pour faire revenir le défunt à la vie dans l’imaginaire, cette phase est essentiellement une illusion.
La dépression et la tristesse
Cette étape du deuil peut être longue et difficile. La colère ressentie s’apaise et l’imagination se calme. La personne endeuillée se confronte à l’irréversibilité de la situation et ressent alors une profonde tristesse. Durant cette période, elle peut connaître des difficultés dans ses relations sociales, à son travail et ressentir une baisse d’énergie. Perte de moral, perte d’appétit, fatigue, irritabilité, difficultés à se concentrer au travail, idées noires… peuvent aller de pair avec cette nouvelle phase du deuil. Le mal-être vécu paraît souvent insurmontable, ce stade du deuil peut s’étendre sur des semaines, des mois, ou parfois des années.
La résignation et la résilience
Durant cette 6ème étape, le processus du deuil avance et la tristesse fait place à l’acceptation de la réalité. La personne endeuillée admet que la situation ne peut être changée et que le défunt a définitivement disparu. Elle accepte la douleur liée à la perte de ce proche, un peu comme une cicatrice qui au fil du temps fait de moins en moins souffrir.
La reconstruction et l’acceptation
Cette dernière étape du deuil est la phase de reconstruction. Cela ne signifie pas que la douleur liée à la perte a disparu, elle est cependant acceptée. La vie reprend son cours et l’individu retrouve son énergie petit à petit ainsi que ses facultés psychiques, physiques et psychologiques. La personne va de l’avant et organise sa vie en tenant compte de cette disparition. Pendant cette période de paix, la personne qui vit ce deuil s’autorise à vivre sans l’être disparu. Elle s’ouvre à nouveau aux autres.
Quelle est la durée d’un deuil ?
Vivre un deuil est un bouleversement dans la vie des proches de la personne décédée.
La théorie n’indique pas de notion de durée précise et cela est important. La façon de vivre les étapes du deuil est différente d’une personne à l’autre : certains ont besoin de plus de temps que d’autre pour se remettre de la perte du proche. Les circonstances du décès, la proximité de la relation peuvent influencer cette durée. Les différentes étapes du deuil peuvent arriver dans un ordre différent. Chaque deuil est unique et chacun suit un chemin qui lui est propre.
Comment mieux vivre les étapes du deuil ?
Faire son deuil ne fait jamais oublier totalement l’être disparu. Si chaque phase de deuil permet de mieux accepter la disparition du proche, quelques conseils peuvent être ajoutés :
- Il est important de prendre le temps d’accepter la mort du proche pour reprendre le cours de la vie, vouloir faire son deuil en étant trop pressé pourrait être néfaste ;
- Pleurer et accepter les émotions ressenties est salutaire, cela aide à faire correctement son deuil ;
- Exprimer et parler à son entourage de son ressenti, de ses émotions permet de mettre des mots sur les sentiments et d’avancer vers la reconstruction et l’acceptation de la perte de l’être cher ;
- S’aérer l’esprit, sortir de chez soi et se faire entourer de ses proches est souvent d’une grande aide et permet de penser à autre chose que la souffrance liée à la perte de l’être cher. L’entraide peut aider à mieux vivre son deuil ;
- Se faire accompagner et consulter un spécialiste peut être un pas vers la reconstruction, ce professionnel peut permettre de mettre des mots sur des sentiments, aide à mieux les comprendre pour les accepter et les faire évoluer ;
- Lorsqu’on est submergé par des pensées et des émotions vives, pratiquer une activité aider à changer les idées (sport, bricolage, marche, décoration, bénévolat) et peuvent vider l’esprit ;
- Rencontrer de nouvelles personnes peut également aider à mieux traverser cette épreuve difficile.
Faire son deuil suite à la disparition d’un proche et l’accepter, l’apaisement de certaines émotions et de la douleur, nécessite du temps. Demander l’aide de proches, d’une association spécialisée ou se faire accompagner par un psychologue si le besoin se fait ressentir peut aider à évoluer sur le chemin du deuil et de ces étapes.