Le thanatopracteur, auparavant appelé embaumeur, est un professionnel qui met en œuvre toutes les techniques d’embaumement nécessaires à la conservation des corps des défunts, ainsi que la pratique du maquillage funéraire afin de rendre celui-ci présentable pour ses funérailles. Seul un diplôme national reconnu par le ministère de la Santé après une formation pratique, permet d’accéder à ces métiers du funéraire.
Quel est le rôle d’un thanatopracteur ?
L’intervention d’un thanatopracteur est indispensable pour éviter la propagation des maladies, surtout si la mise en bière ne peut pas être faite immédiatement. Les soins techniques d’hygiène nécessaires comprennent aussi bien le lavage et la désinfection du corps du défunt que l’extraction par ponction des gaz et d’une partie des fluides corporels.
Pour favoriser la conservation du corps, il va aussi injecter dans les artères une solution biocide à base de formol (bactéricide, fongicide, virucide et sporicide). Cette pratique vise à éviter la dégradation du corps du défunt.
Ces opérations d’embaumement sont obligatoires pour permettre au corps d’être admis en chambre funéraire, conformément à l’article R. 361-37 du Code des communes.
Des soins de toilette, mais également de cosmétique, clôturent son travail. Il peut être amené à remodeler certaines parties du corps avec de la cire ou du coton, à maquiller la personne décédée, la coiffer, l’habiller et enfin la placer dans une position adéquate à l’intérieur du cercueil.
Son intervention dure environ deux heures et vise avant tout à offrir à la famille une dernière image dans la dignité pour le défunt avant ses obsèques.
Bon à savoir : En général, la mise en bière n’est pas effectuée par le thanatopracteur, mais par le personnel de l’entreprise des pompes funèbres, en présence ou non des proches.
Dans quel cas faire appel à un thanatopracteur ?
Bien au-delà du maquillage d’un mort, qui porte une valeur affective autant qu’esthétique, la pratique de la thanatopraxie est fortement recommandée quand le corps du défunt est conservé à domicile ou dans un établissement qui ne possède pas d’équipement réfrigéré destiné à la conservation des corps. Elle peut aussi s’avérer préférable quand le décès fait suite à une maladie ou un accident afin de rendre au défunt une meilleure apparence et éviter d’offusquer les personnes qui souhaitent se recueillir auprès du corps.
Elle permet également de prolonger la conservation en fonction du délai de la mise en bière, le temps que la famille lointaine puisse arriver, ou pour pouvoir veiller le corps plus longtemps. En France, le délai entre le décès et l’inhumation est de six jours maximum et dépend des disponibilités des différents métiers liés à l’organisation des obsèques. Ce délai peut se calculer après l’arrivée du corps en France si le décès a eu lieu dans les collectivités d’Outre-Mer ou à l’étrange. La thanatopraxie est alors recommandée.
Quelles sont les règles concernant la thanatopraxie ?
Aucun soin sur un défunt ne peut être prévu sans une autorisation du maire de la commune du lieu de décès.
Le thanatopracteur doit aussi disposer du certificat de décès comportant la non-opposition légale du médecin qui a constaté le décès et du procès-verbal aux fins d’inhumation en cas de mort violente.
Un flacon contenant un échantillon du produit utilisé pour l’embaumement doit également être fixé à la cheville du défunt, dans le but d’assurer la traçabilité des opérations, et notamment celle des produits employés.
Ces soins de conservation sont obligatoires lors d’un transport à visage découvert pour une distance de plus de 600 km, quand celui-ci est organisé entre 24 et 48 heures après le décès, ou lors d’un rapatriement à l’étranger.
Ils sont par contre interdits en cas de rage, de choléra, de fièvres hémorragiques graves et contagieuses, de la maladie de Creutzfeld-Jacob, de la peste, ou d’un syndrome respiratoire aigu sévère. Depuis 2017, les défunts atteints du Sida ou d’une hépatite virale, autrefois exclus de ces pratiques, peuvent à nouveau en profiter.
Bon à savoir : les religions musulmane, judaïque ou hindouiste n’autorisent pas la pratique de la thanatopraxie, car le corps ne doit pas être touché ou abîmé. La thanatopraxie est seulement tolérée si le corps doit être rapatrié vers son pays.
Quelles études pour devenir thanatopracteur ?
Pour exercer la thanatopraxie en France, il faut obtenir le diplôme national de thanatopracteur, reconnu par le ministère de la Santé.
Cette formation nécessitant de la pratique s’effectue sur une durée de deux ans et elle est accessible après le bac. La formation théorique s’appuie sur des notions d’anatomie, d’anthropologie, d’hygiène, de toxicologie, de médecine légale etc. Les étudiants passent quelques semaines en faculté de médecine, notamment pour assister à des autopsies. La réglementation funéraire est au programme, de même que des éléments de déontologie et d’éthique. Du point de vue de la formation pratique, un stage comportant de nombreuses opérations de soins de conservation et d’embaumement des corps est obligatoire pour être diplômé. L’examen final est autant écrit que pratique.
La formation pour le DUT de thanatopraxie est organisée uniquement dans les universités de Lyon et d’Angers, ou via des formations en écoles privées, au coût plus important. Il existe très peu d’établissements en France (moins d’une dizaine) qui préparent pour ce métier et un concours est généralement nécessaire pour accéder à cette formation.
Quelles sont les qualités requises pour ce métier ?
Le métier de thanatopracteur nécessite de grandes qualités humaines. Le professionnel devra faire preuve de discrétion et d’écoute pour accompagner des familles endeuillées. La minutie sera indispensable tout comme une certaine résistance physique (pour manipuler les corps les plus lourds).
Un bon équilibre psychologique est requis pour faire face aux situations parfois difficiles de l’emploi, mais aussi une disponibilité importante.
Quel est le salaire d’un thanatopracteur ?
Le salaire des thanatopracteurs varie selon son expérience et ses conditions d’exercice. Un professionnel débutant dans l’emploi et œuvrant pour une société de pompes funèbres touchera habituellement un salaire compris entre le SMIC et 1 500 € bruts par mois.
Enfin, un thanatologue peut créer sa propre entreprise, après avoir obtenu une habilitation préfectorale. Il sera alors libre de fixer ses tarifs et, dans ce cas, ses revenus peuvent atteindre 4 000 € bruts par mois.
Quels sont les tarifs d’un thanatopracteur ?
Pour un particulier, le tarif d’un thanatopracteur s’élève en moyenne aux alentours de 400 € si la thanatopraxie n’excède pas deux heures. Ce coût peut représenter jusqu’à environ 10 % du budget total des obsèques. En cas de pratique à domicile, d’une reconstruction faciale ou d’une technique de maquillage du mort plus complexe par exemple, le tarif sera plus cher. Par ailleurs, sur les factures, les prestations pourront aussi bien être globales que comporter deux lignes : soins de conservation du corps et toilette mortuaire et une autre ligne pour l’habillage. Retenez enfin que ces tarifs restent fixés librement par ces professionnels et peuvent varier en fonction du prestataire.
La plupart des entreprises de pompes funèbres travaillent déjà avec des thanatopracteurs. Vous pouvez leur demander des devis ou bien des contacts de professionnels de ce métier s’ils ne proposent pas ce service. Faites appel à ces experts de la conservation et des soins des corps afin qu’ils vous aident et vous accompagnent dans cette étape des funérailles.